Madagascar : limogeage du ministre des Transports et arrestations dans le scandale des Boeing vendues à l’Iran

Le gouvernement malgache traversa hier une journée politique sombre : le ministre des Transports, Valéry Fitzgerald Ramonjavelo, a été officiellement démis de ses fonctions par décret présidentiel en date du 29 juillet 2025, après avoir autorisé une opération controversée sans l’aval du président ni du Premier ministre.

Une transaction sous embargo

Selon les autorités, cinq avions Boeing 777‑200ER ont été immatriculés temporairement à Madagascar via une société-écran, Udaan Potentials Ltd (ou Fly Madagascar), pour être ensuite transférés en Iran entre mai et juillet 2025, en violation apparente des sanctions internationales. Les immatriculations concernées (5R‑RIS, 5R‑ISA, 5R‑HER, 5R‑IJA et 5R‑RIJ )ont été prolongées illégalement jusqu’au 12 juillet, alors qu’elles expiraient initialement le 17 avril 2025.

Limogeage stratégique ?

Le limogeage de Valéry Ramonjavelo, ministre depuis février 2023, est perçu comme une réaction rapide destinée à préserver l’image de la nation, Madagascar étant en quête d’une crédibilité renforcée sur la scène internationale, notamment pour sauver ses chances de maintien sous le régime AGOA aux États-Unis . Le Premier ministre Christian Ntsay assure désormais l’intérim au ministère des Transports et de la Météorologie.


Deux personnes mises en causes arretées ce matin

Dans la matinée du 1er août, les forces de l’ordre malgaches ont annoncé l’arrestation de deux suspects principaux dans cette affaire de faux documents. Il s’agirait de Heriniaina Rijasoa Andriamananarivo, gestionnaire de Udaan Potentials Ltd (Fly Madagascar), interpellé à Antsirabe vers 17h45 le 30 juillet. La deuxième personne mise en cause ne serait que Khushwinder Singh, ressortissant indien (et investisseur identifié), arrêté vers 21h le même jour à Faliarivo Ampitatafika.

Ces individus étaient activement recherchés pour faux et usage de faux, atteinte à la sûreté de l’État, ainsi que d’autres infractions liées à l’immatriculation frauduleuse d’aéronefs.  Le président Andry Rajoelina a salué l’efficacité de la Brigade criminelle et a réaffirmé son engagement à défendre l’honneur national en publiant une lettre officielle sur la page de la Présidence.

Le scandale expose des failles importantes dans les procédures administratives malgaches de délivrance de documents aéronautiques. Le limogeage du ministre Ramonjavelo apparaît comme une mesure politique destinée à limiter les dégâts, tandis que l’arrestation des deux suspects principaux ouvre une phase judiciaire intense. Le déroulé de l’enquête, délivrance des documents falsifiés, trajets des avions, réseaux financiers internationaux évoqués, semble appelé à révéler des ramifications transnationales. Madagascar tente ainsi d’afficher sa volonté de transparence et de responsabilité dans une affaire ayant eu des implications sur la scène mondiale.

La rédaction.

 

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