Reconnaissance prochaine de l’État de Palestine : un tournant diplomatique en marche

France, Royaume‑Uni et Canada annonceront officiellement la reconnaissance de l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2025. Ce geste concerté marque une rupture majeure de la part de trois puissances occidentales, jusque-là réticentes à des initiatives unilatérales sur cet enjeu diplomatique majeur.

France : Macron a lancé la dynamique

Le 24 juillet 2025, le président Emmanuel Macron a annoncé que la France reconnaîtrait officiellement l’État de Palestine lors du sommet de l’ONU. Un acte sans précédent pour un pays du G7. Il l’a présenté comme une étape nécessaire pour relancer la solution à deux États, insistant que ce n’était pas un « geste d’apaisement » mais une obligation morale face à l’urgence humanitaire à Gaza. Il a également appelé à un cessez‑le‑feu, la libération des otages, la reconstruction de Gaza et des garanties de sécurité régionales.

Royaume‑Uni : conditionnelle mais ferme

Le 29 juillet, le premier ministre Keir Starmer a déclaré que le Royaume‑Uni reconnaîtrait la Palestine en septembre, à moins qu’Israël n’œuvre de manière substantielle à un cessez-le‑feu, à l’arrêt de l’annexion de la Cisjordanie et à un véritable processus de paix. Il a reconnu que le droit à l’autodétermination des Palestiniens est inaliénable, tout en reliant la reconnaissance à l’évolution du contexte sur le terrain.

Une lettre signée par 221 députés britanniques de plusieurs partis a mis la pression pour un geste immédiat, sans conditions (Informations Al Jazeera). Cependant, Starmer a préféré intégrer des critères de progrès diplomatiques avant toute reconnaissance.

Des juristes seniors ont toutefois averti que la reconnaissance unilatérale par Londres pourrait être contraire au droit international, arguant que la Palestine ne remplit pas les critères de l’État selon la Convention de Montevideo : territoire défini, population permanente, gouvernement stable, capacité à entretenir des relations diplomatiques.

Canada : sous conditions démocratiques

Le 30 juillet, le Premier ministre Mark Carney a annoncé que le Canada reconnaîtrait l’État de Palestine à l’Assemblée générale de l’ONU, sous réserve de réformes par l’Autorité palestinienne : élections générales en 2026 (sans Hamas), démilitarisation de l’éventuel État et transparence institutionnelle. Le geste s’inscrit dans une volonté d’encourager des réformes démocratiques et une crédibilité internationale accrue, tout en affirmant la solidarité occidentale à la cause d’une paix durable.
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Un tournant symbolique

Les annonces simultanées de trois pays du G7 accentuent la pression sur Israël et mettent Washington en position d’isolement croissant. Jusqu’ici, aucun pays du G7 n’avait franchi ce seuil, malgré la reconnaissance générale de la Palestine par près de 75 % des pays de l’ONU (environ 147 sur 193).

Une portée symbolique consciente

Même si ces déclarations sont principalement symboliques, elles visent à modifier le récit diplomatique sur le conflit israélo-palestinien. Le Royaume‑Uni et le Canada conditionnent leur geste à des progrès sur le terrain, cherchant à transformer la reconnaissance en levier de réformes.

Une réaction israélienne virulente

Israël a fermement condamné ces initiatives, les qualifiant de récompense au terrorisme et une atteinte aux efforts de libération des otages. Le ministère israélien des Affaires étrangères a averti de possibles répercussions diplomatiques, notamment envers la France et le Royaume‑Uni.

Un contexte humanitaire et politique alarmant
Les annonces interviennent dans un contexte où Gaza fait face à une crise humanitaire sans précédent, les organisations internationales décrivant une éventuelle famine, accompagnée de plus de 60 000 décès depuis octobre 2023. Ces tensions aggravent l’urgence diplomatique ressentie par les responsables politiques occidentaux.  

En concentrant la diplomatie occidentale autour d’une déclaration commune au sommet de l’ONU, la France, le Royaume‑Uni et le Canada affirment qu’un statu quo est désormais intenable. Leur reconnaissance future de la Palestine, si elle demeure conditionnelle et symbolique, pourrait redéfinir les contours du processus de paix. Toutefois, le véritable test sera politique : ces gestes conduiront-ils à des changements concrets ou resteront-ils des gestes isolés dans un cycle sans issue ?

En résumé

Pays Date d’annonce Conditions imposées Motivation principale
France 24 juillet 2025 Aucune condition explicite Avancer la paix et soutenir la solution à deux États
Royaume‑Uni 29 juillet 2025 Cessez‑le‑feu, pas d’annexion, aide humanitaire Relancer la « solution à deux États »
Canada 30 juillet 2025 Réformes PA, élections, démilitarisation Encourager la gouvernance responsable et durable

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